Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

1chat entre 2 arbres

1chat entre 2 arbres

Un blog, plusieurs catégories.


Between (7)

Publié par ManonLdy sur 13 Avril 2013, 10:19am

Between (7)

Après un long moment d'absence, je voudrais vous présenter le chapitre 7 de Between! N'hésitez pas à lire ou à relire le début qui se trouve sur la page d'accueil. On ne s'en lasse pas! Les aventures d'Ethan continuent, laissez-vous transporter par la magie!

M.

Chapitre 7 : L'enfant de la forêt. (bis)

Depuis quand m’observait-elle ainsi ? Peut-être depuis la poursuite de Charlie. Il faut dire que je n’ai pas été discret. Je ne suis pas sûr qu’elle me veuille du mal. Elle paraissait plutôt intriguée, elle m’examinait avec intérêt. J’aimerais pouvoir lui parler, lui poser des tas de questions ! Es-tu humaine ? Où vis-tu, où sont tes parents ? Cette forêt s’étend-elle à l’infini ? N’as-tu pas vu un petit garçon courir à travers cette forêt ? Et si elle ne parlait pas ma langue… parle-t-elle au moins ? Toutes ces questions me poussent à la revoir. Je ne peux pas oublier cette part d’ombre. J’ai besoin d’éclaircir tout cela.

Le soleil couchant se trouve maintenant dans mon dos et les quelques rayons de lumière parvenant à percer le feuillage projettent mon ombre loin devant moi. Il me faut trouver un endroit où dormir cette nuit. Je remarque, niché entre les buissons et les racines d’un arbre, une cachette assez grande dans laquelle je pourrai me blottir à l’abri des intempéries. Les troncs des arbres sont hauts et nus, impraticables pour l’escalade. Au sol, je serais vulnérable aux animaux mais vaut mieux ne pas prendre le risque de ma casser une jambe. Alors que l’obscurité gagne peu à peu toute la forêt, je savoure mon dîner de fortune. Du bœuf séché et une gorgée d’eau. Je pose mon sac sous ma tête à la manière d’un oreiller, puis tâche de laisser toutes ces énigmes qui me torturent de côté.

Je me réveille en sursaut, haletant, le visage suintant de transpiration. J’ai du faire un cauchemar affreux mais impossible de me le remémorer. Soudain un bruit me met en alerte. Non pas seulement un bruit, mais plusieurs, sortant de l’obscurité. Le frémissement des feuilles dans le vent, une chouette, le crissement des insectes... des craquements de branches provenant des buissons derrière mon dos. Je reste immobile pendant un instant, cherchant à identifier ce qui peut se trouver à quelques pas de moi. Doucement, je tends la main et cherche à agripper mon… sac ? Je tâte le sol et fouille dans les feuilles sans mouvement brusque. Mon sac n’est plus là. Pourtant je suis certain de l’avoir posé sous ma tête. Un animal a dû me le prendre à cause de la nourriture. Je me redresse tout en évitant de m’accrocher aux buissons et les craquements cessent immédiatement pour laisser place à un bruissement de feuilles bref. Je sors de ma cachette et je constate que je suis encerclé de bruits dont les tonalités s’amplifient et se font échos. Des ombres passent à toute vitesse entre les troncs suivis d’agitation dans les feuilles mortes. Des chevreuils très certainement. Un énorme lapin gris manque de me passer sur le pied. Une chouette me frôle la tête. Je me retourne une nouvelle fois vers l’endroit d’où provenaient les craquements.

La petite fille se tient debout, les pieds nus encrés dans le sol. Une tempête ne la ferait pas bouger. Je ne lui donnerai pas plus de dix ans. Elle a les cheveux noirs de jais qui ondulent et retombent dans son dos et sur sa poitrine. Elle porte un vêtement prêt du corps en peau de bête qui la recouvre des bras aux jambes. Je remarque mon sac dans son dos.

« Eh, salut ! Je m’appelle Ethan, je ne te veux rien de mal. C’est… c’est mon sac que tu as dans le dos… je bredouille. »

Elle ne me répond pas et me regarde de ses yeux fixes. Alors que je fais un pas vers elle, elle fait un bond énorme, me passe au-dessus, puis court se cacher dans l’obscurité si vite que je la perds de vue.

« Attends ! J’ai besoin de ce sac ! Tu comprends ce que je te dis ? J’ai besoin de ce sac ! »

Je cours sur ses pas, mais la petite fille semble être partout autour de moi. Elle se déplace à une vitesse folle et me fait tourner en rond. J’entends les légères remues dans le feuillage qui m’indique sa position mais dès que je me retourne elle se trouve déjà à l’opposé. Comment fait-elle ? Je suis maintenant sûr qu’elle n’est pas humaine.

« Arrête ! Je ne suis pas ton ennemi ! Je veux juste mon sac. Rends le moi, je t’en prie. »

Je me mets alors à courir dans tous les sens en lui répétant que j’ai besoin de ce sac pour survivre. Pris d’impatience je crie :

« Eh ! A quoi tu joues ? Rend-le moi, veux-tu ? »

La petite fille apparait devant moi spontanément. Je m’arrête net. Elle pose un doigt sur ses lèvres et chuchote :

« Chut. Il ne faut pas crier. Tu ne dois pas faire tant de bruit. »

Commenter cet article

Articles récents