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1chat entre 2 arbres

1chat entre 2 arbres

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Between (5)

Publié par ManonLdy sur 15 Décembre 2012, 19:10pm

Between (5)

Voici le cinquième chapitre de Between (Entre les mondes). Si vous avez aimé les quatres premiers chapitres de l'histoire, je suis certaine que vous apprécierez celui ci, autant que les autres voire plus. Car plus on avance dans l'histoire, plus nous découvrons ce qu'il s'est réellement passé. J'ai déjà lu les autres chapitres, et dès la première seconde, j'ai été envoutée par ces descriptions si précises, ces émotions si fortes. Donc, n'hésitez pas à lire cette histoire, qui vous réservera bien des surprises!

M.

 

Chapitre V: Cinq Chemins

 

Je suis planté là, je sens mon corps céder, m’abandonner, mais je me rattrape et m’assois sur le canapé que je hume afin de saisir l’odeur de ma mère. Une odeur pleine de sureté qui m’a accompagné lorsque je n’étais qu’un jeune garçon. Je hôte mes chaussures et approche mes pieds congelés par le froid près du feu éclatant. Je ne pouvais espérer mieux que ce foyer. Les flammes ne sont étonnement pas brûlantes, elles paraissent tièdes. C’est un feu bienfaisant, incapable d’envoyer à la mort qui que ce soit. Je ne peux m’empêcher de le toucher du bout des doigts et la chaleur nourricière emplie tout mon corps, me redonne vie.

Le salon est vide mis appart le canapé posé devant le feu et les bougies parsemées dans toute la maison. Je parcours la pièce puis monte l’escalier qui grince sous mes pas pour déboucher sur un couloir sombre, éclairé pas les faibles lueurs émanées des bougies. De chaque côté, se trouvent les portes menant aux chambres. Les murs semblent murmurer un langage antique et sauvage que je ne comprends pas. Je me trouve désormais devant la porte de ma chambre. Je caresse la poignée puis me résigne à l’enclencher. La porte s’ouvre d’elle-même et je découvre une pièce volée, vidée. Morte. Des éclats de rire d’enfant résonnent entre les murs, se dispersent, se perdent dans le lointain, puis reviennent plus fort. Une comptine douce est fredonnée par un chœur de chuchotements qui se mêle aux risées. Le cortège est effrayant, je ferme la porte. Je pousse un soupir et plaque mon front contre la porte fermé. Mon esprit est embrumé. Je remarque au fond du sombre corridor la porte du bureau de mon père qui m’a toujours été interdite de franchir. Je ne sais pas pour qu’elle raison valable… mon père me disait qu’il y entreposait des papiers importants qu’il ne fallait pas déplacer. Je me demande ce que peut cacher cette pièce… peut-être serait elle aussi comme morte, volée de tout esprit et hanté d’échos atroces. La curiosité me gagne. Je fais quelques pas et les murs reprennent leurs paroles lointaines, mais je refuse d’abandonner. J’avance alors d’un pas plus déterminé et alors que la porte est à portée de main, des cris aigus et strident déchirent l’air et viennent me frapper de plein fouet. Mon crâne semble se contracter, mes muscles se raidissent, la douleur est intenable et me fait pousser un cri. Bientôt, mon corps entier est soumis à la douleur. J’ai l’impression que les murs se resserrent et viennent écraser mon corps recroquevillé dont on enlève des lambeaux de peau et laisse mes chairs à vif. Les cris se font plus intenses et transpercent ma tête de millier d’aiguille. Dans un effort extrême, j’agrippe la poignée et ouvre la porte.

Soudain, tout cesse. Les cris sont étouffés et je ne souffre plus. Je m’affale au sol, exténué, épuisé de toute énergie. Je me lamente, me roule, mes poings sont encore serrés. Que sait-il passé ? Je ne suis même plus sûr d’avoir vécu cet instant de souffrance… la maison est maintenant totalement silencieuse mis à part les battements de mon cœur qui semble s’arracher de ma poitrine. J’essaie de me calmer, de respirer doucement. Je me convaincs que c’est fini, qu’il n’y a plus de danger.

Une fois avoir repris mon calme, une brise légère vient effleurer mon visage, puis, un sifflement mélodieux apaise mes oreilles encore endolories. Je redresse la tête afin de voir ce que cache la porte. Stupéfaction. La lumière du soleil. Un oiseau. La porte débouche sur une pièce semi-circulaire plongée dans un bain de lumière chaude. Cinq fenêtres ornent l’ensemble des murs et donnent chacune d’entre-elles sur un paysage différent. Le marais et le chêne en son milieu, une forêt dense, des montagnes accrues, la plaine et un désert infini. Je me lève et pénètre dans la pièce. Les fenêtres sont toutes fermées et pourtant un vent doux glisse sur mon visage et coule entre mes cheveux. Je baisse la tête et observe le gigantesque chêne, semblable à celui du marais, gravé sur le parquet. Au bout de chacune de ses branches est suspendu un gland doré. Je n’ose pas marcher dessus et contourne donc la gravure pour longer les fenêtres que j’observe minutieusement. Je suis stupéfait. Suis-je en train de rêver ? Je me pince. Non. Ce que je vois est bien réel, tout cela existe. Je me demande si ce lieu existait quand mon père était encore en vie… j’en doute, il n’était pas du genre à croire en la magie. Ce mot met venu spontanément… Magie. Oui, tout cela est de la magie, quoi d’autres ? Rien de tel n’existe dans mon monde.

Cette pièce est agréable. Je voudrais m’y blottir pour m’endormir. Mais je ne peux pas, et rien ne me cache qu’elle n’est pas sous l’emprise d’un sortilège. Quelle heure est-il ? J’étais certain qu’il faisait nuit quand je suis entré… je jette un œil sur le couloir toujours aussi sombre puis sur le soleil chaud du désert, derrière la cinquième fenêtre. J’ai froid… si je l’ouvrais ? Juste pour sentir la chaleur du soleil… Au fond de moi, je sais que je ne le peux pas. Qu’arriverait’ il si par malheur j’ouvrais cette fenêtre… je repense aux souffrances auxquelles j’ai succombé dans le couloir, je ne veux pas revivre le même sort.

Je longe le mur une nouvelle fois et m’arrête devant la fenêtre donnant sur la forêt. Je l’observe, je n’ai jamais connu de forêt si belle, si riche. C’est sans aucun doute l’été de ce côté-ci de la fenêtre. Les arbres sont garnis de feuilles ruisselantes de sève, d’un vert gourmand et je peux deviner à travers la fenêtre le parfum sucré des écorces. Le sol est recouvert d’un tapis de mousse auquel s’ajoutent d’énormes fougères. Une petite tâche blonde attire mon attention dans ce bouquet vert. Soudain, la silhouette d’un jeune enfant sort des fourrées. Il n’y aucun doute, cette silhouette, je la côtoie chaque jour.

Charlie.

Mon esprit s’emballe. Charlie ? Ici ? Impossible. Et pourtant je le vois qui me regarde de l’autre côté. Je me rapproche de la fenêtre sur laquelle je joins mes mains afin de me persuader que ce n’est pas une vision.

« Charlie, je murmure, Charlie. »

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