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1chat entre 2 arbres

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Between (Entre les Mondes) (3)

Publié par ManonLdy sur 1 Décembre 2012, 13:30pm

Between (Entre les Mondes) (3)

Voici le troisième chapitre de l'histoire "Entre les Mondes" qui promet d'être haut en couleur! Les chapitres 1 et 2 sont disponibles en revenant sur l'accueil du site. Bonne lecture à tous!

(Si cela vous plait, n'hésitez pas à faire tourner, et aimez la page Facebook Un Chat entre 2 arbres pour ne rien louper!)

M.

Chapitre III 

Le Chêne

Le vue de la rue dévastée me ramène brutalement à la réalité. Les paroles de l’épicier et ami de tante Suzanne m’ont bouleversé. J’ai besoin d’y réfléchir murement, de poser le pour et le contre. Des questions idiotes viennent se mêler dans mes pensées. Le voyage entre les deux mondes fera-t-il souffrir mes chairs ? Et cet arbre, que suis-je censé en faire ?

L’après midi est passée en un éclair et je me rends compte que je me suis assoupis sur le canapé. La nuit est tombée sur les ruines. Après réflexion, je devrai profiter de cette nuit pour me rendre au Chêne d’Entre les Mondes. C’est ainsi que je l’ai nommé. Je dépose des bougies que j’allume un peu partout dans la maison car les bombardements de la veille ont provoqué une coupure générale d’électricité dans le quartier. Je prépare une besace dans laquelle j’y enfoui quelques vêtements propres, du bœuf séché, des biscuits, une bouteille d’eau et une trousse de toilette contenant des médicaments de premier secours. Je ferme la porte de la chambre de Charlie et Jake comme pour les laisser s’endormir puis je descends les escaliers à toute vitesse. J’enfile une veste et des chaussures. Je suis prêt, une certaine excitation mêlée d’anxiété s’éveille en moi. J’ouvre la porte grinçante et un vent glacial s’engouffre dans la pièce et souffle toutes les bougies. Je dépasse le seuil, ferme la porte derrière moi et adresse un dernier regard à la maison éclairée par le clair de Lune. Je me rends chez M. Vaker que je trouve inanimé sur son lit. M.Vaker n’est plus. J’ai une dette envers lui et je lui promets dans un murmure de ramener sa femme auprès de lui. Je le recouvre de ses draps puis m’enfui en dehors de la ville.

Le soleil pointe son nez à l’horizon et m’indique directement l’Ouest. Je n’ai plus qu’à marcher jusqu’à ce que je croise la route d’un grand Chêne dans lequel je suis censé grimper. Je me demande ce qu’il se produira une fois dans les branches, et, surtout, que serai-je censé faire pour retrouver ma famille lorsque j’aurai atteint cet autre monde dont je ne connais pratiquement rien ? J’imagine que l’avenir me le dira.

Après un moment de marche, j’aperçois une colline surmonté d’un gigantesque arbre. Nul doute. C’est le Chêne-d’entre-Les-Mondes. Une force invisible me lie à lui, m’attire par une attraction douce qui enveloppe mon corps. Je ne vois que lui, j’en tombe subitement amoureux. Je sens… je sens la présence de mes parents. L’arbre évoque en moi des souvenirs perdus, oubliés dans le temps. Cette chaleur maternelle me réconforte. Je retire ma veste et cours vers lui. Le plus vite possible. De plus en plus vite. Je ris, je suis heureux. Je rentre chez moi. Puis, j’arrive au pied de la colline. Je plante mes ongles dans la terre et entame l’ascension. Je ris de plus belle et rampe contre l’herbe comme un enfant. Et enfin, j’arrive au sommet. Le Chêne se dresse devant moi. Je ne l’avais pas imaginé aussi imposant. Je tourne autour et observe les branches qui s’étendent à perte de vue comme voulant rejoindre le ciel. Puis, d’une main hésitante, je touche l’écorce du tronc taillé par les années. Des frissons parcourent chaque cellule de mon corps et les souvenirs de mon enfance me reviennent un par un. Je ferme les yeux. Je suis lové dans les bras de ma Maman, mon Papa me regarde et rit. C’est l’un de mes plus beaux souvenirs et il est pourtant tellement banal pour un autre enfant.

Soudain, j’ouvre les yeux, et je découvre une prairie parsemée de fleurs aux couleurs éclatantes et inconnues dont le parfum m’enivre. Je tourne sur moi-même, le soleil éclaire la vallée fleurie. Le paysage fantomatique qu’à laissé la guerre reprend goût à la vie. Après chacun de mes pas, de nouvelles fleurs éclosent et diffusent un parfum exquis.

La journée passe et je reste étendu dans l’herbe tendre à examiner les nuages qui traversent mon carré de ciel. L’un d’eux à l’apparence d’un ange. Il me fait subitement pensé à Charlie et me ramène à la réalité. Je rejoins l’arbre et place correctement ma besace afin qu’elle ne me gêne pas lors de mon escalade. Les paroles de M. Vaker me reviennent en tête :

« Grimpes y et il te conduira tout droit dans cet autre monde »

Je vais enfin connaître les réponses aux questions qui me torturaient la veille. Je dépose un pied dans un creux du tronc. J’avais dans le jardin de mes parents un grand arbre  dans lequel j’avais construit une cabane. Je devais y grimper pour y accéder. Puis j’attrape une branche dans ma main gauche et une autre dans ma main droite et me hisse sur l’une d’entre elles. Je reproduis cette technique à plusieurs reprises jusqu’à ce que je ne puisse plus voir le sol à cause des feuilles. Etonnement, une odeur de vase et d’air iodé se mêle à celle des fleurs. Le mélange est assez répugnant. Je décide de prendre un peu de repos en m’asseyant dans une fourche que forme une branche contre le tronc. Une question me tourmente. Quand est-ce que la connexion des deux mondes va-t-elle s’opérer ?

Un moment passe avant que je me décide de continuer l’ascension et d’atteindre la cime. L’odeur de vase s’amplifie en fonction de ma hauteur. Plus je monte et plus l’odeur est imposante.

Sans m’en rendre compte, j’atteins assez rapidement le sommet du chêne. Le soleil perce le feuillage et m’aveugle, puis, je sens enfin de l’air frais effleurer mon visage. Mes yeux se ferment malgré moi et j’ai besoin d’un temps pour m’adapter à la luminosité brutalement plus intense. Lorsque j’entrouvre les yeux, la surprise m’étourdit. Le paysage n’a plus rien à voir avec celui que j’ai quitté au pied de l’arbre. Je peine à le croire, mais le voyage entre les mondes a été établi.

Je suis au milieu d’un marais. L’odeur de vase devient claire maintenant. Je me retourne et découvre la mer à l’horizon bordée d’une longue bande de sable blanc. Je n’ai jamais vu la mer, ni l’océan de mes propres yeux. Je respire l’air iodé à pleins poumons comme pour purifier mon corps. Je reste un moment ébahi devant le spectacle. Un cours d’eau rejoint  le large en slalomant  entre les étangs et les touffes d’herbe jaunie, grillée par le sel transporté par les vents marins. Dans la direction opposée à la mer, s’étend derrière le marais, une vaste prairie. « L’aventure commence, me dis-je »

 

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